À propos des Chantiers | Julien Guill

L’activité de création de la compagnie doit pouvoir répondre à la réalité de notre quotidien. Nos préoccupations artistiques doivent se faire l’écho de notre confrontation au monde. L’acte théâtral se doit d’être l’expression d’un point de vue sensible sur le monde. Il en devient alors un acte politique. Par son essence même. Certes sur la question du fond mais avant tout sur la question de la forme. Qu’est ce que l’on raconte, soit. Mais surtout comment on le raconte. L’idée étant, in fine, d’activer l'imaginaire du spectateur et de lui offrir des espaces de réflexion.
Pour être au plus près de notre réalité, nous avons lancé et lançons plusieurs «chantiers». Sans restrictions. Chacun a son propre temps de développement. Ces «chantiers» alimentent et vont alimenter nos réflexions sur les saisons à venir. Ils fondent finalement le quotidien de la compagnie. Ils sont des exercices en cours et, pris dans leur ensemble, ils racontent notre rapport au travail, notre rapport au théâtre et notre rapport au monde.

Chantier/Concert | "Écoute!", récital Léo Ferré

conception et chant Julien Guill | arrangements , bandes sonores et piano Jean Christophe Sirven

/ note d’intention
À ses débuts, on appelait Léo le «Hurle-Tout». C’est important de le dire. C’était ça son interprétation. Et il y avait la «Musique». Depuis plusieurs années, je me frotte à la poésie de Ferré et l’explore à travers des formes théâtrales. Aujourd’hui, je souhaite uniquement faire entendre le poème. Être à l’écoute du poème. Laisser parler et chanter les mots du poète. Nous proposons donc une sorte de concert «enragé». Concert où les mots de Léo se posent sur sa musique, enragée par un «Satie électro-pop», l'inclassable Jean Christophe Sirven.

Et Alors?
Écoute!

/ les résidences
2018 nov | Première résidence & restitution au Quartier Gare | Montpellier (34)

/ production
la compagnie provisoire

Chantier | L'Élimination de Rithy Panh et Christophe Bataille

aux éditions Grasset

Partie 1 | On peut détourner le regard
Partie 2 | Marcher

mise en scène Julien Guill | assisté de Mathilde Tournyol du Clos
 | chorégraphie Jean-Sébastien Rampazzi | création sonore Alexandre Flory | interprétation Fanny Rudelle, Karina Pantaleo, Jean-Sébastien Rampazzi

/ note d’intention

Des «faits» ou des «impressions». «L'Élimination» est la parole d’un rescapé. Témoignage de Rithy Panh, cinéaste rescapé du processus d’extermination organisé par les Khmers rouges au Cambodge. Il alterne entre le combat, au présent, que mène un survivant par le biais du cinéma et les récits de sa survie trente ans plus tôt durant l’extermination de sa famille par un régime totalitaire. Rithy Panh a trouvé la force de se confronter aux responsables du génocide et de les questionner. Nous voulons rendre compte de cette démarche. Tout simplement pour que cette mémoire reste vive. Car elle nous concerne. Elle pose l’inextricable question des bourreaux. Certes il y a l’émotion qui nous saisit face à l’inconcevable mais il y a aussi, surtout, et c’est ce que montre Panh, des individus qui envisagent, pensent, mettent en place, et construisent un processus d’extermination. Il y a des responsables. Qui sont-ils? 
Rithy Panh ne cherche pas à résoudre cette question mais au contraire à la maintenir activement. Il nous interroge. Il invite à la vigilance.
Comme espace nous avons choisi la cuisine. La cuisine comme lieu du quotidien. Lieu à la fois de vie et de rite. Dans la préparation comme dans la consommation. Depuis cet espace (ou l’évocation de cette espace) les interprètes se laissent gagner par l’«Elimination». Ils travaillent sur cette relation qui se tisse entre la victime et son bourreau. L’atmosphère qui s’en détache. Ils l’interprètent. Il est question de solitude, d’absence, de manque, d’attente, d’évasion, de doute, de mensonge, de marche, de
course et de fuite. Et les trois corps et les trois voix des interprètes avec chacun leur expérience, leur pratique et leur singularité se mêlent et s’emparent du combat d'un survivant.

/ les résidences de création
2019/20 | Partenariat avec le Mémorial de Rivesaltes (66)
2018 juin | Deuxième résidence avec restitution publique | Printemps des comédiens (34)
mai | Résidence d'écriture | Pot au Noir | Saint Paul les Monestier (38)
2017 avril | Première résidence avec restitution publique | Quartier Gare (34)

/ production
la compagnie provisoire & compagnie Jean Sébastien Rampazzi | coproduction Printemps des comédiens | soutien Quartier Gare, Le Pot au Noir

Chantier | Molière, conférence

mise en scène Julien Guill | interprétation Sébastien Portier

/ note d’intention

Molière vient en conférence nous faire un état de son travail d'écriture. La question n’est pas de savoir si nous sommes face à Molière mais de percevoir l’atmosphère dans laquelle baigne un créateur. À partir d'un pacte simple avec le public : «on dirait que je serais Molière et que… etc, etc…», nous proposons une immersion dans le concret du travail d’un chef de troupe.
Je souhaite extraire Molière des lieux communs que véhicule sa méconnaissance, pour rendre toute la fraîcheur d’une pensée qui s’insurge et d’un théâtre en résistance. Le théâtre de Molière propose une critique acerbe et violente de ses contemporains. Il s’insurge. En croquant les différents codes régissant des castes, il dénonce l’effroyable pouvoir de l’hypocrisie.

/ les résidences
2019 mai | Création partagée avec le Théâtre Jean Vilar | Montpellier (34)
2016 mars | Laboratoire avec la «MECS Marie Caizergues» | Quartier Gare (34)
2013 juin | Première série de conférences Festival «Molière dans tous ses éclats» | Pézenas

/ production
la compagnie provisoire